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mardi, 06 octobre 2026 14:23

Derrière les discours sur la priorité écologique, la logique de maîtrise budgétaire prime

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PLF2027Le projet de loi de finances (PLF) 2027 présenté au CSA ministériel budgétaire du 1er octobre, présidé par la ministre BARBUT, confirme une orientation désormais bien installée : la poursuite des restrictions d’emplois et des tensions sur les moyens des ministères de la Transition écologique, des transports, du logement et de l’aménagement du territoire, malgré des besoins publics qui ne cessent de croître.

 

Les effectifs sous tension

Le schéma d’emplois redevient négatif pour la troisième année consécutive. Pour 2027, le ministère affiche une suppression nette de 191 ETP, dont -238 ETP chez les opérateurs.

Le programme 217 continue à perdre des emplois (-73 ETP), alors même qu’il porte l’essentiel des missions support, des services déconcentrés et des politiques ministérielles.

Le PLF 2027 poursuit également la politique de réduction des effectifs des opérateurs publics. Le total des plafonds d’emplois des opérateurs baisse encore de 170 ETPT. Plusieurs établissements sont fortement touchés : CEREMA (-60), IFPEN (-55), IGN (-25), OFB (-24), ADEME (-16), agences de l’eau (-15).

Cette trajectoire interroge fortement l’UNSA au regard des ambitions affichées par l’État en matière de transition écologique, de prévention des risques, de connaissance des territoires ou encore d’adaptation climatique.

Comment demander davantage aux opérateurs tout en réduisant continuellement leurs moyens humains ? Le paradoxe devient difficilement soutenable. Les agents voient s’accumuler les missions nouvelles sans renfort à la hauteur des enjeux.

 

Aucune reconnaissance salariale

Sur la masse salariale, le PLF 2027 présente une relative stabilité budgétaire avec 2,936 Md€ pour les programmes 217, 112 et 147, soit une baisse de 7,9 M€ par rapport à 2026.

A noter qu’aucune mesure catégorielle n’est prévue en 2027.

Pour l’UNSA, après plusieurs années de forte inflation et alors que les difficultés d’attractivité et de recrutement se multiplient dans les services, cette absence de reconnaissance salariale constitue un signal négatif, d’autant plus que le ministère reconnaît lui-même ces difficultés.

Le PLF met néanmoins en avant plusieurs priorités ministérielles.

Les crédits immobiliers augmentent afin d’accompagner le projet « Arche-Séquoia 2028 » et la rénovation des implantations centrales. Le ministère insiste sur la sobriété énergétique, l’adaptation au télétravail et la modernisation numérique.

Pour l’UNSA ces objectifs peuvent être entendus, mais ils ne répondent pas aux difficultés quotidiennes des services déconcentrés confrontés au manque d’effectifs, à l’usure professionnelle et à la dégradation des collectifs de travail.

L’action sociale progresse légèrement, passant de 19,7 à 20,6 M€. Cette hausse reste modeste mais comporte quelques avancées, notamment sur la restauration collective et la prévention des risques professionnels. Les crédits de médecine de prévention augmentent également, dans un contexte de pénurie persistante de médecins du travail. Ces évolutions vont dans le bon sens mais restent insuffisantes au regard des besoins exprimés dans les services.Le budget formation, globalement stable, masque une réalité : les dispositifs de formation et d’accompagnement doivent absorber les transformations permanentes des métiers, les besoins liés à la transition écologique et les difficultés de recrutement.

Pour l’UNSA, ce PLF 2027 traduit surtout une contradiction politique majeure. Alors que l’État affiche des ambitions importantes sur la transition écologique, l’aménagement du territoire, la prévention des risques ou la cohésion territoriale, les moyens humains continuent d’être contraints et les opérateurs publics restent mis à contribution.

Comment répondre sérieusement aux défis climatiques, environnementaux et sociaux avec des effectifs réduits, des services fragilisés et une absence de perspectives salariales pour les agents ?

Le CSAM budgétaire aura confirmé une chose : derrière les discours sur la priorité écologique, la logique de maîtrise budgétaire continue de primer.

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