Congé supplémentaire de naissance : un nouveau congé
L’agent public qui devient parent peut demander à bénéficier d’un congé supplémentaire de naissance de 2 mois maximum après un congé de maternité ou d’adoption ou un congé de paternité et d’accueil de l’enfant.
L'UNSA Fonction Publique détaille les modalités d'application de ce nouveau droit.
L’entrée en vigueur du nouveau dispositif est prévue au 1er juillet 2026 avec effet rétroactif pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2026.
Ce congé est ouvert aux deux parents fonctionnaires ou contractuels. Il est au maximum de deux mois, fractionnables en deux périodes d’un mois maximum.
Ce congé pourra être mobilisé, après épuisement du congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou du congé d’adoption, dans un délai maximum de neuf mois à compter :
• Au titre de la période transitoire : du 1er juillet 2026 jusqu’au 31 mars 2027, pour les parents d’enfants nés ou arrivés au foyer entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 ou dont la date de naissance était prévue à partir du 1er janvier 2026, mais qui sont nés prématurément.
• En régime pérenne : de la naissance de l’enfant ou, pour les parents adoptants, de l’arrivée de l’enfant au foyer pour tous les parents d’enfants nés ou arrivés au foyer à partir du 1er juillet 2026.
Lorsque la durée du congé maternité est augmentée, soit en raison de congés pour couches pathologiques, soit en raison d'une naissance prématurée au moins six semaines avant la date prévue, le délai des neuf mois est alors augmenté de la durée supplémentaire du congé de maternité.
Ce congé est de droit, il ne peut être refusé par l'employeur. La demande doit être faite à son supérieur hiérarchique au moins un mois avant le début de ce congé ou quinze jours avant s'il suit immédiatement le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou le congé d’adoption.
Le congé est rémunéré :
• pour les fonctionnaires, à hauteur de 70 % du traitement indiciaire le premier mois et de 60 % le deuxième mois. Les primes et indemnités pérennes sont proratisées au même niveau ainsi que la NBI. Le supplément familial de traitement et l'indemnité de résidence sont perçues intégralement.
• pour les contractuels, à hauteur de 70 % du traitement le premier mois et 60 % le deuxième mois.
Le congé prend fin automatiquement à la demande de l'agent en cas de décès de l'enfant ou en cas de baisse importante des revenus. Le congé peut être écourté pour d'autres motifs si l'employeur accepte cette demande.
Pour un fonctionnaire stagiaire, la durée du stage est augmentée d’une durée égale à la durée du congé supplémentaire de naissance (ainsi que du congé de maternité ou d’adoption, de paternité et d'accueil de l'enfant et du congé de 3 jours pour naissance ou adoption) moins un dixième de la durée normale du stage. Mais la titularisation prend effet à la date normale de fin de stage.
Le temps partiel est suspendu pendant la durée de ce congé. L'agent a les droits d'un agent à temps plein.
Le congé est pris en compte pour la carrière et la retraite et n'entraîne aucune perte de droits à avancement
L'avis de l'UNSA Fonction Publique
L'UNSA Fonction Publique avait approuvé ce texte lors de son passage en CCFP. Ce nouveau droit permet aux parents de disposer de davantage de temps auprès de leur enfant dans les premiers mois de vie ou après une adoption.
Néanmoins, le choix du législateur de prévoir une rémunération réduite à 70 % puis 60 % du traitement risque de limiter l'accès effectif à ce congé pour certains personnels, notamment ceux aux plus bas traitements.
Pour la fonction publique au service de l'intérêt général
Déclaration des 8 organisations syndicales représentatives de la fonction publique en vue de la journée internationale des services publics du 23 juin 2026
Au service de l’intérêt général, les organisations syndicales de la fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP, réaffirment que les services publics sont essentiels pour le progrès social, économique et écologique, pour garantir les conditions de vie et de travail, pour lutter contre les inégalités, garantir les droits, parvenir à l'égalité entre les hommes et les femmes, et assurer la cohésion sociale et territoriale de notre pays.
Les services publics protègent la démocratie contre l'autoritarisme, le clientélisme en garantissant la transparence, la responsabilité et l'indépendance des administrations publiques ; c’est l’un des fondements du statut général des fonctionnaires.
En France, l’accès à de nombreux services publics est facilité pour tous. Nombre d’entre eux sont gratuits ou peu onéreux.
Or, par manque de moyens budgétaires depuis plusieurs années, la situation des services publics se dégrade. Les agent·es publics doivent faire face aux coupes budgétaires, aux postes non pourvus, à la dégradation de leurs conditions de travail. Cette situation affaiblit le service public rendu aux citoyen·nes.
Il est temps de soutenir tous les services publics et leurs agent·es. Il est temps de réinvestir dans la fonction publique.
Après des années de refus gouvernementaux de prendre les mesures financières pour revaloriser leur rémunération, la situation salariale des agent·es de la fonction publique, titulaires et contractuel·les, est devenue urgente. La crise d’attractivité est réelle. Elle est aggravée par des conditions de travail de plus en plus difficiles.
C’est pourquoi à l’approche de la journée internationale des services publics du 23 juin 2026, les organisations syndicales de la fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP l’affirment : le gouvernement et le parlement ne peuvent plus regarder ailleurs, toutes les mesures nécessaires doivent être prises sans délai !
Un service public de qualité aux citoyen·nes nécessite des moyens humains, financiers et techniques.
La hausse du SMIC prévue par la loi pour compenser la forte inflation au 1er juin et le déclenchement de l’indemnité différentielle pour 862 000 agent·es dont la rémunération indiciaire est passée en dessous du SMIC montrent combien la politique salariale en vigueur conduit à l’appauvrissement de nombreux·ses agent·es de la fonction publique et obère toute reconnaissance de la carrière pour un nombre croissant d’entre elles et eux.
Après le courrier qu’elles ont adressé au Premier ministre lui demandant à être reçues, le ministre de l’Action et des Comptes publics, en charge de la fonction publique, a annoncé la tenue d’un « rendez-vous salarial » le lundi 6 juillet. Ce ne peut être un premier signe d’ouverture, qu’à la condition que le ministre y annonce des mesures indiciaires générales à la hauteur des enjeux !
Enfin, parce que nous considérons que la fonction publique doit pouvoir assurer la continuité du service public, nos organisations demandent des mesures concrètes et urgentes et rappellent leur volonté d’être reçues par le Premier ministre.
Congés pour raison de santé : les organisations syndicales de la Fonction publique demandent le retrait du projet de décret.
L’UNSA Fonction publique, avec l’ensemble des organisations syndicales représentées au Conseil commun de la fonction publique, a adressé un courrier au ministre de l’Action et des Comptes publics pour demander le retrait du projet de décret relatif aux congés pour raisons de santé de l'ordre du jour du CCFP. Les organisations dénoncent un texte incomplet, porteur de reculs pour les droits des agents et élaboré sans réelle concertation.
Monsieur le ministre,
Nos organisations, représentées au Conseil commun de la fonction publique, ont pris connaissance du projet de décret relatif aux congés pour raisons de santé dans la fonction publique, inscrit au point 2 de l'ordre du jour de la séance plénière du 18 juin 2026. Nous appelons votre attention sur ce texte et vous demandons de le retirer de l'ordre du jour de ce Conseil.
Ce projet ne peut, en l'état, être valablement soumis à l'avis du Conseil. Pour fixer la durée des périodes de congé de longue maladie et de congé de longue durée, il renvoie à un décret d'application, pris pour l'application de l'article L. 162-4-1 du code de la Sécurité sociale, texte sans rapport avec les questions de durée. Ce décret d’application n'est ni publié ni communiqué : le Conseil est ainsi appelé à se prononcer sur un texte dont un paramètre essentiel pour les droits des agent,es demeure inconnu. De même, des modalités déterminantes comme les conditions d'habilitation des personnes chargées des contrôles, l’organisation du télécontrôle, les garanties de protection du secret médical, l’étude d'impact ne sont pas arrêtées à ce jour, l'administration ayant elle-même indiqué, en groupe de travail, qu'elle y travaillait encore.
Sur le fond, ce texte fait peser une suspicion injustifiée sur les agent·es malades et comporte des reculs substantiels : l'interruption du versement de la rémunération jusqu'à la fin de l'arrêt en cas d'absence à un contrôle, sans procédure contradictoire ni proportionnalité ; le conditionnement du maintien de la rémunération au respect de règles de prescription qui ne dépendent pas de l'agent·e ; la réduction des garanties offertes par les conseils médicaux. Nous relevons que des moyens sont mobilisés pour le contrôle et la sanction des arrêts de travail, quand ceux de la médecine de prévention et de la santé au travail demeurent notoirement insuffisants.
En outre, ce projet procède à l'extension par décret de mesures issues de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, sans qu'une véritable négociation ait été engagée, et dans des délais qui n'ont pas permis une concertation à la hauteur des enjeux pour la santé des agent·es. Nos organisations syndicales ont exprimé leur opposition lors du groupe de travail préparatoire.
Enfin, ce projet instaure un délai de 30 jours entre les demandes initiales de temps partiel thérapeutique et les décisions de l’administration. Ce délai constitue une entrave opposée à des agent·es fragiles cherchant à maintenir leur activité professionnelle.
Pour ces raisons, nous vous demandons de retirer ce projet de décret de l'ordre du jour du Conseil commun de la fonction publique du 18 juin 2026 et d'ouvrir une véritable négociation sur les congés pour raisons de santé.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le ministre, l'expression de notre haute considération.
Protéger les agents publics, une nécessité !
Protéger les agents contre toutes les formes de violence, c'est garantir la qualité du service public.
Du 10 avril au 2 juin 2026, l’UNSA Fonction Publique a interrogé les agents publics sur les violences qu’ils subissent ou constatent dans leur environnement professionnel. Avec 1 443 répondants et 749 contributions libres, cette enquête dresse un constat préoccupant et met en lumière une attente forte : celle d’une protection réelle et effective des agents.es violences largement répandues dans les services publics.
Premier enseignement de l’enquête : 69 % des agents déclarent avoir été victimes ou témoins de violences dans le cadre de leur activité professionnelle.
Contrairement aux idées reçues, ces violences ne proviennent pas uniquement des usagers. Dans près de huit situations sur dix, elles impliquent l’environnement de travail lui-même : hiérarchie, management, collègues ou combinaison de violences internes et externes.
Ces résultats témoignent d’une réalité préoccupante : les violences au travail sont devenues un sujet majeur dans la Fonction publique et nécessitent une réponse globale.
Une protection jugée insuffisante
Les agents interrogés portent un regard sévère sur les dispositifs existants.
• 87 % estiment que leur employeur ne remplit pas ou seulement partiellement ses obligations de protection ;
• 72 % considèrent que la protection fonctionnelle est inadaptée ou insuffisante ;
• 83 % jugent que le dialogue social ne protège pas suffisamment les agents.
Ces chiffres traduisent un déficit de confiance important. Les dispositifs existent souvent sur le papier, mais leur mise en œuvre est perçue comme trop lente, trop complexe ou insuffisamment efficace.
Le syndicat : premier levier de protection identifié
Interrogés sur les leviers qui les protègent au quotidien, les répondants placent le soutien syndical en tête des réponses, devant le cadre juridique et statutaire.
Pour 56 % des agents, l’accompagnement syndical constitue aujourd’hui le principal rempart face aux situations de violence ou de harcèlement.
Ce résultat confirme le rôle essentiel joué par les représentants du personnel dans l’écoute, l’accompagnement, la défense et l’orientation des agents confrontés à des situations difficiles.
Ce que demandent les agents
Au travers des centaines de témoignages recueillis, plusieurs demandes fortes émergent :
1. Un soutien psychologique immédiat et accessible à la demande de l’agent ;
2. Des procédures de signalement simples, claires et connues de tous ;
3. La possibilité de saisir un médiateur externe et indépendant ;
4. Des sanctions effectives contre les comportements managériaux toxiques ;
5. Une réforme ambitieuse de la protection fonctionnelle, notamment pour mieux prendre en compte les violences internes.
Les agents ne demandent pas de nouveaux textes sans effet concret. Ils réclament avant tout des dispositifs accessibles, réactifs et appliqués sur le terrain.
Les revendications de l’UNSA Fonction Publique
Face à ces résultats, l’UNSA Fonction Publique réaffirme ses exigences :
• La négociation d’un accord ambitieux sur la prévention et le traitement des violences au travail ;
• Le renforcement de la protection fonctionnelle pour toutes les formes de violences, y compris les violences managériales ;
• La mise en place de procédures de signalement indépendantes et sécurisées ;
• L’accompagnement systématique des victimes ;
• La responsabilisation des employeurs publics et l’application effective des sanctions lorsque les situations le justifient.
La protection des agents publics n’est pas une option. Elle constitue une obligation pour les employeurs publics. Le dialogue social doit leur permettre de remplir leur rôle de protection. C'est une condition indispensable au bon fonctionnement du service public.
Rémunérations, promotions et mobilités…
Rémunérations, promotions et mobilités sont les préoccupations que l’UNSA Développement Durable a souhaité mettre en avant lors du dernier CSA ministériel du 11 juin 2026 qui avait pour ordre du jour :
- la réforme de la mise en œuvre opérationnelle de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ;
- les projets d’arrêtés concernant la formation des ingénieurs des ponts des eaux et des forêts ;
- le bilan du plan d’action du protocole d’accord relatif à la lutte contre les discriminations et les haines.
Retrouvez ici les revendications de l’UNSA Développement Durable
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les représentants de l'administration,
Mesdames et Messieurs les membres du CSA ministériel,
La loi de transformation de la fonction publique a affaibli le dialogue social, diminué les mobilités, ouvert la voie au recrutement plus massif de contractuels sans leur donner de réelles perspectives. Dans le même temps, le pouvoir d’achat des agents a été détérioré par l’instauration d’un jour de carence, la baisse de 10 % des rémunérations pendant les congés de maladie, la suppression de la garantie de pouvoir d’achat (GIPA) et la baisse des droits à autorisation d’absence.
Deux revalorisations seulement de la valeur du point d’indice ont eu lieu ces dernières années : une en juillet 2022 de 3,5 %, alors que l’inflation atteignait 6 %, et la deuxième en 2023 de 1,5 % pour une inflation de 4,9 %. Depuis, l’inflation, bien que ralentie, a poursuivi sa progression pour dépasser les 2 % annuels. Les calculs sont simples : la perte par rapport à la hausse du coût de la vie dépasse largement les 10 %.
Le gouvernement a décidé de recourir à l’indemnité différentielle, versée aux agents publics dont le traitement indiciaire brut est inférieur au SMIC, afin de compenser la revalorisation du SMIC au 1er juin.
Les plus basses rémunérations des agents publics ont dû être relevées au niveau du SMIC, entraînant mécaniquement un nouveau tassement des grilles de salaire des agents publics ; ce qui anéantit progressivement toute perspective de carrière.
Ce choix efface durablement les perspectives d’évolution de carrière de nombreux agents. Ainsi, les agents débutants de la catégorie C, parmi les moins bien rémunérés de la fonction publique, resteront sans aucune augmentation de leur traitement indiciaire pendant 19 ans. Cette situation est inacceptable et ne peut perdurer.
Dans ce contexte, l’attractivité de la Fonction publique est en berne. Pourtant ce cercle vicieux pourrait être endigué si le gouvernement renonçait à laisser se dégrader les rémunérations et les conditions de travail des agents publics. Une indexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation pourrait remédier à ce glissement et redonner confiance et considération aux agents.
L’UNSA Développement Durable demande :
- Des mesures salariales générales et notamment une revalorisation significative de la valeur du point d’indice indexée sur l’inflation ;
- Le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ;
- Le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agents qui sont en congé maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence ;
- Des mesures de revalorisation et la refonte des grilles indiciaires permettant, dans chaque catégorie, une véritable progression de carrière ;
- L’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes ;
- L’ouverture d’un chantier sur les carrières et les rémunérations.
Venons-en à notre Pôle ministériel.
Promotions
La réunion du groupe de travail relatif aux LDG promotions et parcours professionnels reprogrammée le 28 mai dernier a été une nouvelle fois reportée sine die.
Rien de rassurant pour les représentants du personnel que nous sommes et pour beaucoup d’agents laissés au bord du chemin qui vivent chaque année la campagne de promotions comme opaque et injuste depuis que les CAP ne sont plus compétentes en la matière.
Les LDG promotions, entrées en vigueur pour l’exercice 2021, auraient déjà dû être révisées pour l'exercice 2026.
Mobilité
L’UNSA Développement Durable a pris acte de l’expérimentation mobilité 2026 qui devrait conduire à l’établissement des Lignes Directrices de Gestion mobilité 2027.
Toutefois, nous tenons à souligner les nombreuses entraves à la mobilité entre zones de gouvernance et parfois même entre services et établissements.
L’UNSA Développement Durable :
- revendique une publication commune avec les établissements publics ;
- défend la poursuite de la publication des postes susceptibles d’être vacants afin de ne pas amplifier le problème de vacance de postes ;
- dénonce le fait que les agents faisant valoir des priorités légales rencontrent plus de difficultés à obtenir une mutation que les autres ;
- réclame la création d’une priorité subsidiaire pour les concrétisations de promotions ;
- demande l’égalité de traitement entre les candidats et plus de transparence dans les décisions parfois incompréhensibles avec la publication d’erratums de résultats qui font disparaître certains candidats pourtant retenus dans la publication de la veille.
Merci pour votre attention
Formation Spécialisée Ministérielle du 8 juin 2026
Comité Central d’Action Sociale (CCAS) du jeudi 4 juin 2026
Un Comité Central d’Action Sociale (CCAS) s’est tenu le jeudi 4 juin 2026.
Veuillez trouver ci-dessous la déclaration des représentants de l’UNSA :
Madame La Directrice des Ressources Humaines,
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues,
Au terme d’un premier semestre particulièrement tourmenté, tant sur le plan international, avec l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran qui pèse lourdement sur les cours du pétrole et, par conséquent, sur le prix des carburants à la pompe, que sur le plan national, marqué par de nombreuses restrictions budgétaires, nous nous retrouvons aujourd’hui afin de dresser le bilan des mesures mises en œuvre depuis le début de l’année.
Après une nouvelle période de service voté au premier trimestre, nous constatons certes une revalorisation du SMIC, mais celle-ci n’a malheureusement pas été accompagnée d’une revalorisation équivalente du point d’indice de la fonction publique, comme l’ont rappelé les organisations syndicales dans leur courrier intersyndical adressé au Premier ministre le 18 mai 2026.
Une fois encore, les agents des services publics vont subir une nouvelle dégradation de leur pouvoir d’achat.
À cette situation s’ajoute la flambée des prix des carburants observée depuis mars 2026 : +24 % sur un an pour le gazole et entre +17 % et +18 % pour l’essence sans plomb. Cette hausse contribue à aggraver encore davantage les difficultés rencontrées par l’ensemble des agents du ministère.
Le coup de pouce annoncé récemment par le Gouvernement ne permettra ni d’inverser cette tendance ni même de l’atténuer significativement pour la majorité des agents. Quelques chiffres suffisent à l’illustrer : le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 16 880 euros pour une personne seule, 25 325 euros pour une personne seule avec un enfant, 33 760 euros pour un couple, 42 200 euros pour un couple avec un enfant et 50 640 euros pour un couple avec deux enfants.
À titre d’exemple, un adjoint administratif situé au milieu de la grille du deuxième grade ne pourra pas prétendre à cette aide. Chacun comprendra donc que très peu d’agents pourront bénéficier de ce dispositif et que leur pouvoir d’achat continuera de s’éroder.
Que dire également de la nouvelle circulaire relative au CESU garde d’enfant du 12 mai 2026, qui supprime l’aide de la tranche 1 pour les couples, sans qu’aucune réévaluation des plafonds de ressources des autres tranches n’ait été effectuée ? Ces plafonds demeurent inchangés depuis 2020. Il s’agit là encore d’une nouvelle perte de pouvoir d’achat pour les agents concernés.
Nous nous permettons d’ailleurs de rappeler qu’il y a quelques mois, il nous avait été indiqué qu’un élargissement de cette prestation aux enfants âgés de 7 à 12 ans était à l’étude. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Que dire également de la subvention destinée aux « arbres de Noël », figée à 40 euros par enfant depuis plus de dix ans ? En ce début d’année, de nombreux CLAS nous alertent sur les difficultés croissantes qu’ils rencontrent pour organiser cet événement avec un budget toujours plus contraint.
Quelles solutions leur restera-t-il demain ? Supprimer le goûter ? Réduire le budget consacré aux cadeaux ? Renoncer au spectacle ? Ou devoir faire les trois à la fois ?
Si l’on ajoute à ces constats la baisse très significative du budget de l’action sociale interministérielle, dont les conséquences rejailliront inévitablement sur notre action sociale ministérielle, le tableau apparaît particulièrement sombre.
Pour autant, nous n’oublions pas les inquiétudes qui pèsent sur l’avenir de la restauration collective dans les DDI relevant du périmètre ATE.
En effet, l’annonce prochaine de la circulaire mettant en œuvre les orientations issues du rapport commandé par le ministère de l’Intérieur n’est pas de nature à nous rassurer.
Parallèlement, les discussions visant à renégocier les conventions liant le ministère à la CGCV et à la FNASCE ont été engagées. Nous espérons qu’elles apporteront les garanties nécessaires au maintien et au développement des prestations proposées aux agents.
Notre action sociale ministérielle souffre aujourd’hui de l’ensemble de ces évolutions. À l’approche des élections professionnelles, nous constatons également une forme de découragement sur le terrain. De nombreux présidents de CLAS nous font savoir qu’ils ne souhaitent plus s’engager pour la prochaine mandature.
Le cas le plus récent est celui de la Creuse, dont le président a choisi de démissionner, suivi peu après par l’ensemble des membres du CLAS, faute de candidat à la présidence.
Cette situation doit nous alerter collectivement.
C’est pourquoi nous souhaitons sincèrement que s’engagent rapidement, dès cette année 2026, de véritables discussions visant à redynamiser notre action sociale ministérielle.
La tendance doit s’inverser.
L’action sociale ne doit pas être sacrifiée.
Les agents méritent mieux.
Je vous remercie de votre attention.
Les représentants de la délégation UNSa
SMIC et agents publics : une décision intenable
David Amiel a annoncé que le gouvernement a décidé d’utiliser l'indemnité différentielle pour compenser la hausse du SMIC au 1er juin pour les agents publics.
Ainsi, plus de 850 000 agents de la fonction publique de l’Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière dont l'indice majoré est inférieur à 378, seront impactés à partir du 1er juin.
Sans cette mesure, leur traitement indiciaire serait inférieur au SMIC.
L’UNSA Fonction Publique constate que ce choix va effacer durablement les perspectives d’évolution de carrière de nombreux agents. Ainsi, pendant 19 ans, les agents débutants de la catégorie C, les moins bien rémunérés, n’auront pas d’augmentation de leur traitement indiciaire. Cette situation n’est pas tenable.
Pour y remédier, l’UNSA Fonction Publique revendique une revalorisation régulière de la valeur du point d’indice, son indexation sur l’inflation serait une solution.
De plus, l’UNSA Fonction Publique rappelle sa demande d’ouverture d’un chantier sur les carrières et les rémunérations des agents publics dès maintenant. C'est urgent !
Bagnolet le 28 mai 2026
Luc Farré
Secrétaire Général de l’UNSA Fonction Publique
CESU garde d'enfants 0-6 ans : parution de la nouvelle circulaire
La circulaire supprimant la tranche 1 du CESU garde d'enfants 0-6 ans pour les agents de l'État est parue.
L'UNSA Fonction Publique dénonce cette régression qui impacte négativement l'égalité professionnelle femmes/hommes. Elle a obtenu que les familles monoparentales de cette tranche soient préservées.
- Cette prestation de l'Action Sociale Interministérielle (ASI) est destinée à favoriser le maintien de l'activité professionnelle des parents agents de l'État et à contribuer à l'égalité professionnelle femmes/hommes.
- Peuvent bénéficier de cette prestation quand il sont rémunérés sur le budget de l'État :
-
- les fonctionnaires,
- les ouvriers de l'État,
- les contractuels de droit public ou privé,
- les magistrats,
- les militaires.
- Les conjoints survivants, titulaires d'une pension de réversion, peuvent bénéficier de cette prestation. Il en est de même pour les agents publics de l'État rémunérés sur le budget d'un établissement public administratif (EPA) si cet EPA participe au budget de l'ASI.
- L'agent doit attester qu'il fait garder son enfant à titre onéreux pendant ses heures de travail ou pendant un congé de maternité ou d'adoption pris pour un autre enfant. Les CESU peuvent être utilisés pour de la garde d'enfants à domicile ou hors domicile. Les accueils collectifs à caractère éducatifs à l'occasion des vacances scolaires sont exclus du champ d'utilisation.
- Cette prestation est soumise à condition de ressources. Le revenu fiscal de référence (RFR) est celui de l'année N-2, le nombre de parts fiscales s'apprécie sur l'année N de la demande.
|
Parts fiscales |
RFR Tranche 3 |
RFR Tranche 2 |
RFR Tranche 1 |
|
|
Jusqu'à |
De |
à |
A partir de |
|
|
1,25 |
28 350 |
28 351 |
37 799 |
37 800 |
|
1,5 |
28 900 |
28 901 |
38 349 |
38 350 |
|
1,75 |
29 450 |
29 451 |
38 899 |
38 900 |
|
2 |
30 001 |
30 002 |
39 449 |
39 450 |
|
2,25 |
30 550 |
30 551 |
39 999 |
40 000 |
|
2,5 |
31 100 |
31 101 |
40 549 |
40 550 |
|
2,75 |
31 650 |
31 651 |
41 099 |
41 100 |
|
3 |
32 200 |
32 201 |
41 648 |
41 649 |
|
Par 0,25 part supplémentaire |
550 |
550 |
550 |
550 |
|
Montant annuel de l'aide famille non monoparentale |
700 € |
400 € |
Supprimée |
|
|
Montant annuel de l'aide famille monoparentale |
840 € |
480 € |
265 € |
|
Pour toute demande de renseignement, vous pouvez vous adresser à votre syndicat UNSA.
L'UNSA Fonction Publique revendique un CESU garde d'enfants élargi à la tranche d'âge 6-12 ans.
En savoir plus : circulaire CESU garde d'enfants 0-6 ans du 12 mai 2026
Rémunération des agents publics : courrier au Premier ministre.
Les organisations syndicales écrivent au Premier Ministre sur la situation des salaires dans la fonction publique et demandent un rendez-vous.
Paris, le 18 mai 2026
Monsieur le Premier ministre,
Les organisations syndicales représentatives de la Fonction publique, CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CGC, FA-FP, tiennent, par ce courrier, à vous alerter à nouveau sur la situation salariale des agents publics.
Nous vous demandons une audience dans les plus brefs délais.
Monsieur Roland Lescure, le Ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique a confirmé une inflation annuelle autour de 2.2 %. Monsieur Jean-Pierre Farandou, le Ministre du Travail, a annoncé une revalorisation du Smic de 2,4 % au 1er juin.
Qu’en est-il dans la Fonction Publique ?
En dépit de nos nombreuses alertes, le gouvernement n’a pas annoncé de mesure générale de revalorisation du point d’indice de rémunération des fonctionnaires.
- D’ores et déjà 356 000 agent·es perçoivent une indemnité différentielle pour ne pas être rémunéré·es en dessous du SMIC. En confirmant la hausse du SMIC au 1er juin, les 10 premiers échelons de la grille C1, les 7 premiers échelons de la grille C2, les 3 premiers échelons de la grille C3, les 5 premiers échelons de B1, les 2 premiers échelons de B2, ainsi que les élèves fonctionnaires des corps de catégorie A, passeront sous le niveau du Smic. Des centaines de milliers d’agent·es, a minima plus de 700 000, seront une nouvelle fois rattrapé·es par le minimum légal et se verront privé·es de perspective d’évolution de carrière.
- Ce nouveau tassement des grilles n’est pas acceptable. L’indemnité différentielle ne peut pas tenir lieu de politique salariale, elle masque temporairement le problème sans le régler tout en accélérant l’écrasement des carrières, niant les qualifications, l’expérience professionnelle et le principe même de carrière. Elle ne pourra pas être prise en compte pour le calcul des pensions.
- Dans le même temps, la perte de pouvoir d’achat liée au décrochage du point d’indice se poursuit malgré les revalorisations de 2022 et 2023 et l’attribution de 5 points d’indice au 1er janvier 2024. Ces mesures n’ont jamais permis de compenser l’inflation. De plus, la non-reconduction pour la deuxième année consécutive de la garantie individuelle de pouvoir d’achat a supprimé les éléments de compensation pour des dizaines de milliers d’agent·es, souvent en fin de carrière, dont le traitement reste bloqué.
Les organisations syndicales vous demandent une hausse de la valeur du point d’indice après trois années de blocage.
En continuant à refuser toute mesure générale et immédiate de revalorisation indiciaire, en laissant les grilles se faire rattraper par le SMIC, en réduisant les droits et garanties, le gouvernement alimente une exaspération profonde.
Nos organisations vous demandent expressément :
- Des mesures salariales générales et notamment une revalorisation significative de la valeur du point d’indice ;
- Le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat ;
- Le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agent·es qui sont en congé maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence ;
- Des mesures de revalorisation et la refonte des grilles indiciaires permettant, dans chaque catégorie, une véritable progression de carrière et la sortie des débuts de carrière du niveau du Smic de même que la revalorisation des métiers à prédominance féminine ;
- L’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes ;
- Des garanties sur la mise en œuvre effective de la directive européenne sur la transparence salariale, accompagnée de moyens pour des politiques d’égalité;
Nos organisations réitèrent leurs disponibilités pour participer à un processus de négociation dans ce sens.
Dans le même temps, nos organisations réitèrent également leur demande unanime d’abandon du décret ASA et du projet régressif des droits au titre du temps partiel thérapeutique.
Nous vous demandons, Monsieur le Premier ministre, de recevoir dans les plus brefs délais une délégation de nos organisations syndicales de la fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CGC, FA-FP, afin d’échanger concrètement sur nos revendications et d’examiner les mesures à mettre en place.
Dans cette attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, nos respectueuses salutations.
Sylviane BROUSSE - Coordinatrice CGT Fonction publique
Christian GROLIER - Secrétaire général de l’UIAFP-FO
Laure REVEL - Secrétaire générale de l’UFFA-CFDT
Luc FARRÉ -Secrétaire général de l’UNSA Fonction publique
Caroline CHEVE - Secrétaire générale de la FSU
Gaëlle MARTINEZ - Déléguée générale de Solidaires Fonction publique
Marie-Christine CARATY-QUIQUET - Présidente de la Fédération des Services publics CFE-CGC
Pascal KESSLER - Président de la FA-FP




Retrouvez la déclaration faite par l'UNSA à l'ouverture de la Formation spécialisée ministérielle Santé, Sécurité et Conditions de Travail qui s'est tenue le 8 juin 2026.


