Risques routiers : des mesures annoncées et des réponses attendues par les agents sur le terrain
Lors de la réunion du 3 avril 2026 du 3ᵉ comité de suivi du plan de prévention des risques routiers, plusieurs documents relatifs à la sécurité des agents des DIR ont été présentés, notamment le bilan de l’accidentalité 2025 et les nouvelles consignes d’intervention.
La sécurité des agents d’exploitation intervenant sur le réseau routier reste une préoccupation majeure.
Les documents présentés, combinant bilan de l’accidentalité 2025 et nouvelles consignes d’intervention, confirment une réalité préoccupante et appellent à une vigilance renforcée.
Une accidentalité toujours élevée
Le bilan 2025 met en évidence une dégradation de la situation :
- 146 accidents recensés, soit une hausse de 13 %
- 2 agents décédés, aucun en 2024
- une majorité d’accidents sur routes à chaussées séparées
- des accidents survenant principalement lors des phases de pose et dépose de signalisation
- et très souvent lorsque les agents sont dans ou à proximité de leur véhicule
Ces données rappellent que les interventions sur route restent une activité à haut risque, au cœur même des missions des agents.
Des situations de travail particulièrement exposées
L’analyse met en lumière des facteurs de risque bien identifiés :
- les interventions sur voies rapides,
- les opérations de balisage,
- les interventions sur bande d’arrêt d’urgence (BAU),
- et la proximité immédiate des véhicules d’intervention.
Autant de situations qui nécessitent des mesures de prévention fortes, concrètes et adaptées aux réalités du terrain.
De nouvelles consignes de sécurité
Face à ces constats, de nouvelles règles ont été définies.
Parmi les principales évolutions :
- Extension de la zone tampon à 100 mètres (contre 50 auparavant)
- Encadrement renforcé des interventions sur BAU, avec limitation de certaines interventions
- Interdiction de pratiques à risque, comme la marche arrière sans balisage
- Renforcement de la préparation des interventions et de l’analyse des risques
Ces mesures traduisent une volonté de mieux protéger les agents et vont globalement dans le bon sens.
Des questions sur la mise en œuvre
Si ces orientations sont positives, leur efficacité dépendra de leur application réelle.
Plusieurs interrogations demeurent :
- Les moyens humains et matériels seront-ils à la hauteur ?
- Comment appliquer ces règles dans les secteurs contraints (visibilité réduite, manque d’espace, trafic dense) ?
- Les nouvelles consignes risquent-elles de déplacer le risque plutôt que de le réduire ?
- Les agents seront-ils suffisamment accompagnés et formés ?
Autant de points qui nécessitent des réponses concrètes.
Une exigence : tenir compte du vécu des agents
La prévention ne peut pas reposer uniquement sur des consignes.
Elle doit s’appuyer sur :
- l’expérience des agents,
- la réalité des conditions d’intervention,
- et une organisation du travail adaptée.
L’association des collectifs de travail est indispensable pour garantir l’efficacité et l’appropriation des mesures.
La position de l’UNSA Développement Durable
Nous prenons acte des évolutions engagées.
Elles constituent une étape importante.
Mais nous resterons particulièrement vigilants sur :
- les conditions de mise en œuvre,
- les moyens alloués,
- et l’impact réel sur la sécurité des agents.
La sécurité ne doit pas être une intention.
Elle doit être une réalité concrète, mesurable et partagée par tous.
Parce qu’aucune intervention ne doit coûter la vie à un agent.
Télétravail : un mode de travail plébiscité mais à améliorer
Le "télétravail" est apprécié par les agents cependant son organisation et l'indemnisation pourraient être revues.
La sous-direction des études, des statistiques et des systèmes d’informations de la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié en février 2026 « un Point Stat » intitulé "Télétravail : ses effets sur les conditions de travail dans la fonction publique"*. Si cette nouvelle possibilité d’organiser leur travail est appréciée par les agents, elle comporte des limites et des freins qui restent à lever.
Un mode de travail plébiscité par les agents publics
Le télétravail est désormais une réalité solidement ancrée et appréciée pour 54% des agents publics occupant un poste compatible avec des activités télétravaillables. En effet, une diminution des interruptions de tâches est constatée (62%) et la pression au travail baisse (41%). L'autonomie organisationnelle progresse pour 36% des agents, tandis que 21% notent une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle grâce à des horaires moins contraignants pour leurs proches. Les agents publics ont 1,6 fois plus de chances de déclarer une amélioration des conditions de travail par rapport au privé avec ce mode de travail.
Un mode de travail à améliorer
La quotité de télétravail dans le public est moindre par rapport au privé : 65% des agents ne télétravaillent qu'un jour ou moins par semaine (contre 48% dans le privé) et seuls 9% (contre 18% dans le privé) pratiquent trois jours ou plus.
La part des femmes qui télétravaillent dans la fonction publique reste cependant inférieure à celle constatée parmi les salariées du privé. En outre, si elles perçoivent souvent mieux les bénéfices globaux du télétravail, elles sont aussi plus exposées à la précarité matérielle : 39% des femmes signalent une dégradation de leurs moyens matériels, contre 30% des hommes.
Enfin, dans la fonction publique, l’exercice des missions à distance se heurte à une contrainte matérielle majeure : 56% des agents ne disposent pas d'une pièce dédiée à leur activité professionnelle dans leur logement (seuls 41% en possèdent une). Cette configuration spatiale, loin d'être anecdotique, pèse plus lourdement sur les femmes, créant une disparité marquée dans le vécu du télétravail. Cette absence de local dédié agit comme un multiplicateur de difficultés. Le fait de ne pas disposer d'un bureau fermé double le risque de percevoir une détérioration de ses conditions matérielles (46% pour ceux sans pièce contre 23 % pour ceux en disposant). La fluidité des échanges et la coopération sont jugées également plus difficile. En effet, la pièce dédiée contribue « à réduire les interruptions des tâches, et améliore la conciliation des temps de vie ».
L'avis de l'UNSA Fonction publique
Pour l’UNSA Fonction Publique, les améliorations du télétravail peuvent porter notamment sur le développement des tiers lieux et sur la revalorisation de l’indemnité :
- En effet, loin d'être une simple aspiration, le développement des tiers-lieux est une avancée actée dans l'Accord relatif à la mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique, signé le 13 juillet 2021. Cette revendication, négociée et obtenue par les organisations syndicales, dont l'UNSA Fonction Publique, consacre un chapitre entier aux espaces partagés comme alternative au domicile pour maintenir le lien social et dynamiser les territoires. L'accord stipule que ces lieux sont le corollaire indispensable de cette organisation du travail. Le cadre juridique et le socle de droits étant désormais posés au niveau national, il appartient désormais aux employeurs publics de s'en saisir par la négociation locale pour transformer cette possibilité en une réalité concrète pour les agents. Cette revendication sera portée par l’UNSA Fonction publique dans le cadre de la négociation en cours sur l’égalité professionnelle femmes/hommes.
- La revalorisation de l'indemnité forfaitaire pour compenser les coûts du travail à domicile est également cruciale. Alors que le montant dans la fonction publique stagne à 2,88 € par jour depuis le 1er janvier 2023, le secteur privé bénéficie de plafonds d'exonération URSSAF plus élevés, pouvant atteindre 3,30 € en 2026 en cas d'accord collectif. Les agents éprouvent un sentiment d'iniquité. Pour l’UNSA Fonction Publique, il est urgent de revaloriser ce montant dans la fonction publique.
* En savoir plus : Télétravail : ses effets sur les conditions de travail dans la fonction publique
Hausse des prix de l’énergie : l’UNSA exige des mesures concrètes
La guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse des prix de l’énergie qui affecte déjà le pouvoir d’achat des ménages. Des mesures urgentes et concrètes doivent être mises en œuvre pour soutenir les foyers les plus modestes.
La hausse importante du prix du pétrole s’est fait ressentir immédiatement sur les prix à la pompe. Les prix du gaz et de l’électricité sont et seront affectés à court et moyen terme, de manière plus ou moins importante en fonction de la durée de la guerre.
Le pouvoir d’achat des ménages est déjà entamé et les conséquences pourraient s’aggraver en cas de poursuite du conflit. Ainsi, l’INSEE prévoit une inflation supérieure à 2 % sur un an au mois de mai (contre 0,9% en février) avec l’hypothèse d’un baril de pétrole stabilisé à 100 dollars. Mi-juin, l’évolution des prix de l’énergie atteindrait 11,8 %, 22,8 % pour ceux du carburant et 8,3 % pour le gaz.
Les répercussions liées à la guerre en Ukraine ne doivent pas se répéter. En effet, les aides appliquées, dont le bouclier tarifaire, étaient insuffisamment ciblées et ont généré un coût élevé pour les finances publiques tout en bénéficiant davantage aux ménages les plus aisés.
Pour autant, il est urgent d’agir pour préserver le pouvoir d’achat des travailleurs·euses et des ménages les plus modestes par la mise en place de dispositifs ciblés tant que les prix de l’énergie restent élevés.
L’UNSA demande une vigilance et une surveillance resserrées sur les surprofits potentiels que pourraient réaliser certaines entreprises et que des sanctions soient envisagées à l’encontre de celles qui profiteraient indûment de la crise.
L'UNSA Fonction Publique a écrit au Premier Ministre et au Ministre de l'Action et des Comptes publics.
Action sociale : des avancées en 2025, mais des menaces sérieuses pour 2026
Le comité central d’action sociale (CCAS) du pôle ministériel s’est tenu le vendredi 20 mars 2026. Comme en 2025, ce début d’année a été marqué par une période de service voté. Cette première réunion a été l’occasion de dresser un bilan de l’année écoulée et d’ouvrir les discussions sur les perspectives à venir.
Un engagement salué pour 2025
L’année 2025 a été marquée par un engagement remarquable de l’ensemble des acteurs de l’action sociale ministérielle. Nous tenons en particulier à saluer le rôle essentiel des présidents de CLAS (Comités Locaux d’Action Sociale) qui, malgré une notification tardive des crédits, ont pleinement assumé leurs responsabilités. Leur mobilisation a permis une consommation complète des crédits CIL, démontrant une gestion rigoureuse et efficace.
Un travail conséquent a également été réalisé pour régulariser la situation de la restauration collective. Grâce notamment à l’obtention d’une DRACE de 850 000 euros, la quasi-totalité des factures en attente a pu être réglée. Nous saluons ici le professionnalisme et la rigueur des services du bureau de PSPP2 de la DRH.
Par ailleurs, l’année 2025 restera marquée par la mobilisation exceptionnelle des services sociaux et du bureau PSPP2 face aux conséquences de la tempête CHIDO à Mayotte. Le traitement d’un nombre très important de demandes d’aides matérielles, tant pour les actifs que pour les retraités, a représenté un travail considérable. Nous adressons nos remerciements à l’ensemble des agents mobilisés.
2026 : des signaux positifs mais des inquiétudes persistantes
Pour 2026, l’augmentation du budget de l’action sociale ministérielle à hauteur de 300 000 euros constitue un signal encourageant. Toutefois, cette évolution ne saurait masquer une réalité plus préoccupante : la baisse du budget de l’action sociale interministérielle.
Cette situation fait peser de fortes incertitudes sur la pérennité de nombreux dispositifs.
Restauration collective : une situation toujours critique
Les difficultés persistent dans le domaine de la restauration collective. Les coûts continuent d’augmenter tandis que trop d’agents restent encore sans solution de restauration. Cette situation n’est pas acceptable et appelle des réponses rapides et concrètes.
ATE (Administration Territoriale de l’État) : une vigilance indispensable
Sur le périmètre ATE, les inquiétudes sont également importantes. Le rapport récemment publié par le ministère de l’Intérieur contient des préconisations susceptibles d’impacter fortement notre dispositif. Nous serons particulièrement vigilants quant aux suites qui y seront données.
Des impacts déjà visibles sur les prestations
Les restrictions budgétaires interministérielles auront nécessairement des répercussions sur l’action sociale ministérielle, contrainte de compenser en partie les dispositifs non financés.
Les effets se font déjà sentir, notamment sur les arbres de Noël interministériels, dont le financement devient incertain. Dans ce contexte, L’UNSA Développement Durable réaffirme la nécessité de relancer rapidement les travaux sur la revalorisation de l’allocation « arbre de Noël ».
Associations : des situations contrastées
La situation des associations appelle également notre attention :
- CGCV : nous saluons la mise en place d’une nouvelle gouvernance ainsi que le maintien de l’attractivité des séjours proposés.
- CAS (comité d’aide sociale) : la baisse d’activité constatée en 2025 semble se confirmer en 2026. Des pistes de relance ont été évoquées, et nous resterons attentifs à leur concrétisation.
- FNASCE : la situation est plus préoccupante. La perte annoncée de certaines unités d’accueil, sans réelle concertation, aura des conséquences directes sur les activités d’entraide. À terme, ce sont des familles entières qui pourraient être privées de leur seule opportunité de vacances. Nous apportons notre plein soutien à la FNASCE.
CLAS : des entraves inacceptables
Enfin, nous souhaitons alerter sur les difficultés croissantes rencontrées par les CLAS. Trop souvent, leur action est remise en cause par certains services ou Secrétariat général commun départemental (SGCD), en contradiction avec les textes en vigueur.
Un rappel clair et formel des règles est aujourd’hui indispensable afin de garantir aux présidents de CLAS les moyens d’exercer pleinement leurs missions.
L’action sociale ne doit pas être sacrifiée
L’action sociale constitue un pilier essentiel pour les agents.
Elle ne peut être une variable d’ajustement budgétaire.
Les agents méritent mieux.
Les représentants de la délégation UNSa
Temps partiel thérapeutique en danger
Réforme du temps partiel thérapeutique dans la fonction publique : un recul inacceptable.
Le temps partiel pour raison thérapeutique, amélioré en 2021, permet aux agent·es publics de continuer à travailler ou de reprendre progressivement leur activité lorsque leur état de santé est fragilisé. Ce droit, obtenu à l’issue d’un dialogue social exigeant, est devenu un outil indispensable pour prévenir les ruptures professionnelles et protéger la santé de milliers de personnels, en particulier des femmes occupant des métiers pénibles.
Aujourd’hui, le gouvernement envisage une réforme qui reviendrait à réduire l’accès à ce dispositif et à affaiblir les droits des agent·es malades. Sous couvert de « concertation », les documents présentés lors des groupes de travail montrent clairement une volonté de restreindre l’accès au temps partiel thérapeutique et affaiblir sa portée, sans aucun bilan sérieux ni analyse des causes réelles du recours au temps partiel thérapeutique.
Les pistes présentées sont inacceptables :
- Instauration d’un délai maximal de 30 jours à compter de la demande pour accorder le temps partiel thérapeutique ouvrant la porte à des refus ou à des remises en cause de la prescription médicale initiale.
- Entretien préalable obligatoire au motif d’organiser la continuité du service, entre l’agent·e et l’employeur public, source de pressions et de dérives visant à, par exemple, dissuader les agent·es de recourir à leur droit.
- Impact sur les conditions de reconstitution des droits pour bénéficier d’une nouvelle autorisation de temps partiel thérapeutique.
- Impact aussi sur la durée de reconstitution des droits à congé de longue maladie notamment dont le décompte serait désormais au prorata de la quotité de temps travaillé pour les agent·es placé·es en temps partiel thérapeutique.
Ce dispositif est largement mobilisé par les femmes qui représentent 64 % des agent·es publics. Toutes les organisations syndicales ont souligné en outre que les femmes paieraient un lourd tribut, de la même manière qu’elles sont frappées plus durement par la baisse de 10 % de la rémunération en arrêt maladie !
Alors même qu’un accord égalité professionnelle est en cours de négociation, un tel recul est incompréhensible et contraire aux discours du gouvernement sur la protection de la santé des agent·es publics et de l’égalité professionnelle.
Les organisations syndicales de la fonction publique CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP dénoncent fermement ce projet et exigent son retrait immédiat.
Aucun recul des droits en matière de santé au travail n’est acceptable ni négociable !
Le 20 mars 2026


