Cerema : des ambitions pour les territoires, mais toujours moins de moyens!
Déclaration UNSA au Conseil d’Administration du 20 octobre 2026
À l’occasion de cette séance, l’UNSA alerte sur les conséquences des réductions d’effectifs et des restrictions budgétaires qui fragilisent progressivement le Cerema. Suppressions de postes, arrêt brutal de projets, non-renouvellement d’agents en CDD, nouvelle réorganisation : autant de décisions qui suscitent de vives inquiétudes pour les personnels, les conditions de travail et la continuité des missions de service public.
Alors que les besoins des territoires face au changement climatique ne cessent de croître, affaiblir le Cerema revient à réduire les moyens d’agir. L’UNSA appelle les administrateurs et la direction à prendre pleinement la mesure de ces enjeux et à garantir à l’établissement les moyens humains et financiers nécessaires à ses missions.
Madame la Présidente,
Monsieur le Directeur général,
Mesdames et Messieurs les administrateurs,
L’UNSA ouvre cette séance au nom des agentes et des agents du Cerema, avec une préoccupation centrale : comment répondre aux besoins croissants de nos territoires si l’on continue d’affaiblir l’un des établissements publics chargés de les accompagner ?
1. Climat et moyens du Cerema : un décalage devenu intenable
Nous sortons d’un été historique, marqué par plusieurs vagues de chaleur successives entre juin et août. Avec une température moyenne de 24 °C, soit 3,6 °C au-dessus des normales, l’été 2026 serait le plus chaud jamais mesuré en France. Les records de chaleur, les incendies et les conséquences sanitaires illustrent une réalité que nous ne pouvons plus traiter comme une perspective lointaine.
Le coût humain est considérable. Près de 8 000 décès en excès ont été estimés sur l’ensemble de l’été, selon les premières données sanitaires disponibles. Et Météo-France nous alerte : dans une France réchauffée de 4 °C, trajectoire de référence retenue par le pays, un été de cette nature pourrait devenir ordinaire.
Le climat de demain n’est plus une hypothèse. C’est déjà notre réalité.
Dans ce contexte, le Premier ministre s’était engagé cet été à préserver les moyens de l’Écologie. On connait la chanson : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ! Le projet de budget pour 2027 prévoit en effet la suppression de 126 postes dans les services du ministère et de 238 postes dans ses établissements publics. Le Cerema serait particulièrement touché, avec 60 ETP supprimés.
Cette décision ne peut pas être considérée isolément. Depuis sa création, le Cerema a subi une réduction cumulée de 693 ETP et sa subvention pour charges de service public a subi une érosion continue.
Il y a là une contradiction manifeste entre, d’un côté, les besoins des territoires et les engagements affichés pour lutter contre le réchauffement climatique et s’adapter à ses conséquences, et, de l’autre, les moyens réellement accordés à ceux qui agissent.
Or, agir pour le climat, ce n’est pas seulement s’adapter aux conséquences du réchauffement : c’est aussi tout mettre en œuvre pour le limiter. Réduire les émissions de gaz à effet de serre, transformer les mobilités, améliorer la performance énergétique des bâtiments, prévenir les risques et adapter les infrastructures : autant de défis qui nécessitent une ingénierie publique solide et des compétences durables.
L’adaptation n’est pas une dépense accessoire : c’est un investissement. Et la réduction des émissions est tout aussi indispensable pour limiter l’ampleur des bouleversements auxquels nous devrons faire face.
Les ingénieurs, les techniciens et les experts du Cerema accompagnent les acteurs publics pour prévenir les risques, réduire les émissions, adapter les infrastructures et orienter les investissements vers les solutions les plus pertinentes.
Supprimer 60 ETP au Cerema, ce n’est pas seulement réduire une ligne budgétaire. C’est réduire la capacité d’action publique au moment même où les besoins explosent.
2. La transition écologique ne doit pas creuser les inégalités
La crise climatique est aussi une question sociale.
Le coût de l’énergie pèse lourdement sur les ménages, en particulier les plus modestes, qu’il s’agisse des déplacements domicile-travail ou du chauffage de logements mal isolés.
Face au dérèglement climatique, tout le monde n’a pas les mêmes moyens de se protéger.
D’un côté, celles et ceux qui peuvent habiter à proximité de leur lieu de travail, télétravailler, rénover leur logement, installer une pompe à chaleur ou une climatisation, acquérir un véhicule moins polluant. De l’autre, celles et ceux qui n’ont pas d’autre alternative que d’utiliser leur vieille voiture thermique pour aller travailler et qui subissent le froid l’hiver comme les fortes chaleurs l’été dans un logement mal isolé.
Les uns ont les moyens de s’adapter. Les autres subissent de plein fouet les effets conjugués des crises climatique et énergétique.
Une transition écologique qui ne donne pas à chacun les moyens de s’adapter risque de devenir une transition à deux vitesses.
C’est précisément pourquoi l’ingénierie publique est indispensable. En accompagnant les collectivités dans leurs choix, en éclairant leurs investissements et en diffusant des solutions adaptées aux réalités locales, le Cerema contribue à faire de l’adaptation une politique accessible à tous, et pas seulement à ceux qui en ont les moyens.
Affaiblir cet outil public, c’est prendre le risque d’aggraver encore les inégalités territoriales et la fracture sociale.
3. Administrateurs : votre responsabilité est engagée
Mesdames et Messieurs les administrateurs, cette trajectoire n’est pas une fatalité. Les décisions budgétaires se prennent ailleurs, mais votre responsabilité ne s’arrête pas aux portes de cette salle. Vous avez une voix et vous pouvez la faire entendre.
Aux représentants de l’État, nous demandons de porter auprès du ministère de l’Écologie et du ministère chargé du Budget deux exigences : le retrait de la suppression des 60 ETP et le rebasage de la subvention pour charges de service public du Cerema, avant que le Parlement ne se prononce sur le budget.
Aux représentants des collectivités territoriales, nous demandons de faire entendre, auprès des parlementaires et de vos associations d’élus, les conséquences concrètes de ces suppressions pour vos territoires : moins d’expertise disponible, moins de capacité d’accompagnement et à terme, des choix d’investissement plus difficiles à sécuriser.
Un établissement dont dépend la capacité du pays à s’adapter au changement climatique ne peut pas être l’un de ceux que l’on affaiblit en premier.
Nous comptons sur vous.
4. Une nouvelle réorganisation qui suscite des inquiétudes
C’est dans ce contexte, Monsieur le Directeur général, que votre dernier message aux agents, à la suite du webinaire du 28 septembre, annonce cinq chantiers structurants et une feuille de route attendue d’ici à la fin de l’année.
Nous prenons acte de votre reconnaissance des inquiétudes suscitées par cette annonce et de votre engagement en faveur de la transparence et du dialogue social.
Mais ces engagements devront se traduire concrètement.
Après la réorganisation de grande ampleur Cerema’venir, menée entre 2018 et 2023, les agents ont besoin de stabilité, de visibilité et de garanties. Or, vous inscrivez cette nouvelle démarche dans un cadre que vous qualifiez vous-même de « particulièrement contraint ».
Dans ces conditions, les termes de «rationalisation», de «simplification» ou de «productivité» suscitent légitimement des interrogations. Derrière ces mots, les agents craignent de nouvelles suppressions de postes, des abandons de missions, une dégradation des conditions de travail, voire des fermetures de sites. Quels sont les objectifs précis de ces cinq chantiers ? Quels changements sont envisagés pour les missions, les effectifs et l’organisation territoriale ? Quelle place sera accordée aux agents et à leurs représentants dans leur élaboration et leur mise en œuvre ?
Ces inquiétudes sont d’autant plus fortes que nous constatons déjà l’arrêt brutal de certains projets, parfois engagés depuis plusieurs mois, sans que les agents concernés disposent toujours d’une visibilité suffisante sur les raisons de ces décisions, leurs conséquences et les suites envisagées.
Derrière l’arrêt d’un projet, il y a du travail réalisé, des compétences mobilisées, des partenariats construits et des engagements pris auprès de nos interlocuteurs. Interrompre ces actions sans explication claire ni perspective de continuité, c’est risquer de fragiliser la confiance de nos partenaires, de démobiliser les équipes et de perdre le bénéfice des investissements humains et techniques déjà consentis.
Le dialogue social ne peut pas se limiter à informer les personnels de décisions déjà prises. Il doit permettre de discuter des orientations, de leurs conséquences et des alternatives possibles.
5. Budget rectificatif : des économies qui pèsent sur les agents et les missions
Le budget rectificatif n° 2 fait apparaître une amélioration du résultat prévisionnel, qui passe de –30,7 à –19,8 millions d’euros. Mais cette évolution repose en partie sur des éléments ponctuels et ne suffit pas à démontrer un redressement durable de la situation financière de l’établissement. Dans le même temps, les effectifs continuent de diminuer et les dépenses de fonctionnement courant sont à nouveau réduites, de 2,3 millions d’euros en autorisations d’engagement et de 3,2 millions d’euros en crédits de paiement.
A force de réduire les moyens de fonctionnement, on finit par dégrader l’outil de travail.
Pour les agents, ces restrictions se traduisent par des déplacements limités, y compris pour les formations et les journées techniques, et par un recours de plus en plus systématique à la visioconférence.
Or, le présentiel est essentiel à la vie collective du Cerema : il favorise les échanges, le partage d’expériences, la transmission des savoirs et la coopération entre équipes. Réduire ces occasions, c’est fragiliser le travail en réseau, le maintien des compétences et, à terme, la qualité des missions accomplies.
Nous regrettons que les économies soient décidées selon une logique comptable, sans prise en compte de leurs conséquences humaines et professionnelles. Une économie à court terme peut entraîner une perte de compétences et une dégradation du service rendu à long terme.
Nous demandons donc que les choix budgétaires prennent pleinement en compte leurs effets sur les conditions de travail, la santé des agents et la qualité du service public.
Le Cerema ne pourra pas relever les défis qui lui sont confiés en demandant toujours davantage à des équipes auxquelles on donne toujours moins de moyens.
Le Cerema ne peut pas être à la fois un outil dont les territoires ont besoin pour faire face au changement climatique et un établissement dont on réduit continuellement les moyens.
Défendre les moyens du Cerema, c’est défendre la capacité de nos territoires à s’adapter, la qualité du service public et l’égalité entre les citoyens.
Administration centrale : l'UNSA alerte
La formation spécialisée d'administration centrale s'est réunie le 16 octobre 2026 alors que les agents de l'administration centrale sont confrontés à des difficultés croissantes dans leur travail quotidien. L'opportunité pour l'UNSA, en cette fin de mandat, d'alerter l'administration sur la charge de travail qui s'accroît, la perte de sens au travail et les risques psychosociaux accrus.
Formation Spécialisée Ministérielle du 13 octobre 2026 : l’UNSA dresse le bilan d'une fin de mandature au goût d’inachevé et exige des actes concrets !
À l’occasion de la dernière séance de la mandature de la Formation spécialisée ministérielle du 13 octobre 2026, l’UNSA a porté la voix et les exigences des personnels de tous les services du pôle ministériel (administration centrale et services déconcentrés comme les DREAL, DDT(M), DIR, DEAL, ainsi que les établissements publics et écoles).
Si le dialogue social bénéficie d'une écoute polie de la part de l'administration, l’absence persistante d’arbitrages et de moyens tangibles laisse un profond sentiment d’inachevé.
Alors que la charge de travail asphyxie les services, que les dégradations matérielles persistent et que des collègues continuent d’être blessés voire tués en service, l’UNSA rappelle que la santé et la sécurité ne peuvent se contenter de simples déclarations d’intention.
Dès l'ouverture de l'instance, l'UNSA a interpellé l'administration sur la fracture grandissante entre les discours institutionnels et le quotidien des agents :
- Un dialogue social qui ne peut s'arrêter à l'écoute : Si la disponibilité des équipes RH est réelle, l'UNSA refuse les réponses de façade telles que « nous avons entendu », « nous y reviendrons » ou « ce n’est pas le moment ». À la veille du renouvellement général des instances, la lassitude des personnels et le risque de désaffection des urnes engagent directement la responsabilité de l'administration.
- L'explosion de la charge et de l'intensité du travail : Le baromètre social le démontre sans ambiguïté, l'intensité du travail et le travail dans l'urgence sont les premières sources de mal-être. Près de 40 % des agents subissent l'écrêtement pur et simple de leurs heures de travail. Face à cette situation intenable, l'UNSA exige la possibilité de récupérer une journée complète par mois sur les heures écrêtées (au lieu d'une simple demi-journée).
- Stop aux réorganisations permanentes : L'UNSA réclame un véritable moratoire sur les réformes menées à la hâte, sans accompagnement humain ni moyens suffisants.
- Pouvoir d'achat et carrières : Le tassement intenable des grilles indiciaires au niveau du SMIC et la suppression inacceptable de la GIPA imposent un signal indemnitaire et indiciaire immédiat.
1. Suivi des accidents graves, mortels et suicides : dépasser les fiches réflexes, traiter les causes à la racine !
Le tableau ministériel des accidents graves, des malaises et des suicides rappelle un coût humain inacceptable au sein de notre pôle ministériel (agents hospitalisés, décès sur le lieu de travail, drames du suicide). L'administration a présenté deux nouvelles fiches réflexes : l'une sur l'« Agent présentant un risque suicidaire » et l'autre sur l'« Accompagnement du deuil d'un collègue ».
L’intervention et l’exigence de l’UNSA :
L'outillage méthodologique de crise (prévention tertiaire) est utile pour guider les collègues et l'encadrement confrontés à la détresse. Mais pour l'UNSA, la sécurité ne se résume pas à cocher des cases ou à diffuser des fiches :
- Les préconisations issues des commissions d'enquête locales des Formations spécialisées doivent être systématiquement intégrées et financées dans les DUERP et les programmes d'actions (PAPRIPACT).
- L'administration doit s'attaquer aux causes organisationnelles profondes : surcharge, perte de sens, isolement et conflits professionnels non régulés.
2. Sécurité des agents des DIR : sécuriser sans bureaucratiser !
Le rapport de l'observatoire de l'accidentalité routière est accablant pour l'année 2025 : 2 agents tués sur la route et une hausse de 17 % des accidents corporels impliquant des personnels. Face à cette urgence vitale, la Direction des mobilités routières (DMR) a présenté un guide de procédure formalisant l'expérimentation des matériels de sécurité en cinq étapes (dispositifs d'alerte sonore temporaire DAST, flèches lumineuses décalables, atténuateurs de chocs embarqués, détection SAVE...).
La position ferme de l'UNSA :
- Non à la lourdeur administrative : Ce protocole d'expérimentation en 5 étapes et ses « points d'arrêt » ne doivent en aucun cas servir de prétexte ou de filtre bureaucratique pour retarder la mise en sécurité des agents sur le terrain.
- Association obligatoire du terrain : Les agents de nos centres d'entretien et d'intervention (CEI) et leurs représentants en FS locale doivent être consultés dès la phase d'opportunité.
- Financements pérennes : Dès lors qu'un matériel prouve son efficacité (comme le recul des déports tardifs de poids lourds grâce aux dispositifs d'alerte ou la diminution des TMS avec les distributeurs de cônes), l'État doit engager des dotations budgétaires nationales immédiates pour renouveler et généraliser les parcs d'équipements sans renvoyer la charge sur les DIR.
3. Rapport annuel 2025 des inspecteurs santé et sécurité au travail (ISST) : un miroir accablant pour les directions de service
Présenté lors de cette séance, le rapport d'activité des Inspecteurs Santé et Sécurité au Travail comptabilise 539 recommandations sur 32 services inspectés :
- Défaillances sur les fondamentaux : Les DUERP et PAPRIPACT ne sont toujours pas actualisés dans de nombreux services, le risque incendie est fréquemment traité avec légèreté (absence d'exercices d'évacuation semestriels, mauvaise coordination des sites multi-occupants), et les règles du dialogue social restent méconnues par les représentants de l'administration.
- Le calvaire du confort thermique : L'application du décret relatif à la protection contre les fortes chaleurs se heurte à des bâtiments vieillissants et non isolés, transformés en passoires thermiques invivables durant l'été.
- Scandale des conditions de travail en Outre-mer : L'UNSA s'est faite le relais direct des constats alarmants des ISST concernant la vétusté inadmissible de sites ultra-marins : locaux de sommeil et sanitaires insalubres dans certains CEI de Guyane (notamment à Régina), retards majeurs de reconstruction post-cyclone Chido à Mayotte et défaut chronique d'entretien du bâti en Martinique.
- La fracture avec les SGCD : L'éloignement et les dysfonctionnements persistants des Secrétariats Généraux Communs Départementaux (SGCD) pénalisent lourdement le traitement des travaux bâtimentaires d'urgence et le suivi des situations médico-sociales sensibles.
La revendication de l’UNSA :
Face à la carence réglementaire constatée chez certains directeurs, l'UNSA soutient sans réserve la préconisation des ISST : rendre obligatoire la formation des chefs de service et de l'administration au droit de la santé et sécurité au travail et aux instances de dialogue social dès le renouvellement des comités !
4. Plan de prévention des risques psychosociaux (RPS) : priorité absolue à la prévention primaire !
Le bilan d'étape du plan ministériel 2024-2027 détaille le déploiement des formations de managers, des webinaires et de la cellule d'écoute Pros-Consulte.
Pour l'UNSA, il faut inverser la logique :
- Prévenir plutôt que panser : On ne résout pas la souffrance au travail avec un numéro vert lorsque l'organisation quotidienne dysfonctionne. La priorité doit être donnée à la prévention primaire : agir sur les charges prescrites, les effectifs et l'organisation du travail.
- Chartes des temps et déconnexion : L'UNSA exige la couverture effective de 100 % des agents par une charte des temps respectée, intégrant un véritable volet Qualité de Vie et Conditions de Travail (QVCT), pour que le droit à la déconnexion cesse d'être théorique.
- Soutien réel à l'encadrement intermédiaire : Écartelés entre les injonctions paradoxales de l'administration et le désarroi de leurs équipes, les cadres de proximité doivent retrouver des marges de manœuvre et du temps pour manager humainement.
L'UNSA ne lâchera rien pour la prochaine mandature !
Cette mandature s'achève sur des constats partagés mais sur une frustration intacte face à l'inertie des réponses ministérielles. L'UNSA aborde les prochaines élections professionnelles avec un engagement renouvelé : la santé, la sécurité physique et mentale, le respect du temps de travail et la dignité des conditions de travail ne doivent plus jamais être traitées comme des variables d'ajustement.
Dès l'ouverture de la future mandature, vos représentants UNSA porteront ces exigences au plus haut niveau pour obtenir des moyens financiers et organisationnels à la hauteur de votre engagement quotidien.
Déploiement de l’intelligence artificielle et création de la foncière de l’État
Création de la foncière de l’État et déploiement de l’intelligence artificielle au sein du pôle ministériel transition écologique, aménagement du territoire, transports, ville et logement ont été au cœur des échanges du Comité social d’administration du 8 octobre 2026.
Tout comme plusieurs projets de décrets concernant les personnels de direction des lycées professionnels maritimes, les personnels techniques de l’aviation civile et les emplois de chef de mission de l’agriculture et de l’environnement.
Lire notre déclaration liminaire
- Point 1 : La foncière de l’État (pour information)
Retrouvez
le document présenté par l’administration
- Point 2 : Le rapport de mission IGEDD n° 016275-01 (février 2026)
« Déploiement de l'intelligence artificielle (IA) au sein du pôle ministériel transition écologique, aménagement du territoire, transports, ville et logement » (pour information)
Retrouvez
le rapport de présentation de l’administration
- Point 3 : La création d’un emploi fonctionnel pour les personnels de direction des lycées professionnels maritimes (pour avis)
L’UNSA salue les avancées, mais a également émis des réserves :
* compensation d’une partie de la rémunération par des primes qui ne rentreront pas dans le calcul de la retraite,
* difficultés de mobilités imposées,
* quid de la situation les directeurs et directrices et de leurs adjoint(e)s après 8 ans ?
C’est pourquoi l’UNSA s’est abstenue.
- Point 4 : Le projet de décret modifiant le décret n°2006-1303 du 25 octobre 2006 relatif aux conditions de nomination et d’avancement dans les emplois de chef de service technique principal, chef de service technique, chef d’unité technique, cadre supérieur technique et cadre technique de l’aviation civile (pour avis)
L'UNSA a voté POUR ce projet déjà débattu au niveau et au sein des instances de la DGAC.
Point 5 : Le projet de décret modifiant le décret n°2006-9 du 4 janvier 2006 relatif aux emplois de chef de mission de l’agriculture et de l’environnement (pour avis)
L’UNSA, qui a toujours défendu les attaché(e)s, s’est bien sûr prononcé POUR ce projet de décret qui poursuit trois objectifs :
* opérer une harmonisation interministérielle des statuts de ces emplois fonctionnels ;
* harmoniser les conditions d’accès à ce statut d’emploi quel que soit le corps d’origine de l’agent ;
* renforcer l’attractivité des postes en permettant de nommer à ces emplois des fonctionnaires sans condition d’ancienneté préalable au MAASA ou au MTEBNICN.
Un décret qui met fin à la différence de traitement entre les agents du corps des IAE et ceux du corps interministériel des AAE.
Réorganisation du CMVRH en 2027 : l’UNSA défend les primes, les carrières et les conditions de travail !
Le Comité de perfectionnement (COPERF) du CMVRH s’est tenu le 9 octobre 2026 sous la présidence conjointe de la Direction des ressources humaines et de la direction du CMVRH.
L’UNSA a fait le choix d’un dialogue social exigeant, loyal et constructif. Si nous soutenons la modernisation des pratiques et la recherche d’une plus grande lisibilité pour les maîtrises d'ouvrage, nous avons rappelé avec fermeté qu'aucune transformation organisationnelle ne pourra se faire au détriment des conditions de travail et de la reconnaissance des personnels.
Dès l’ouverture des débats, notre déclaration liminaire a posé les lignes rouges et les garanties indispensables attendues par les collègues.
1. Évolution de la filière formation au 1er janvier 2027 : une nécessaire mise au point sur les droits des agents
Alors que la fusion entre le CMVRH et l'ancienne FORCQ est effective depuis mai 2026, la création annoncée de CVRH « têtes de pont » et la mise en place de Chefs de coordination de Plan National de Formation (PNF) au 1er janvier 2027 suscitent de légitimes inquiétudes sur le terrain.
La disparition programmée des rôles de chefs de file, de référents thématiques et de directeurs référents (BOP 217) ne peut laisser les agents dans l'incertitude.
En conséquence, L’UNSA a porté des exigences très claires :
- Clarification impérative du cadre de travail : Les futures fiches de poste doivent être transmises sans délai. Les responsabilités, les articulations entre autorité hiérarchique locale et pilotage fonctionnel national, ainsi que les modalités précises d’évaluation doivent être transparentes et sécurisées.
- Reconnaissance pleine et entière des agents de catégorie B : L’UNSA a dénoncé l’ambiguïté statutaire qui consiste à maintenir sur des postes de catégorie B des missions de pilotage national, d'animation de réseaux et d'ingénierie qui relèvent traditionnellement de la catégorie A. Cette expertise doit être formellement reconnue et valorisée.
- Compensations indemnitaires et déroulement de carrière : Les responsabilités accrues doivent se traduire sur la feuille de paie par une revalorisation de l’IFSE au titre des sujétions exercées. De plus, l’administration doit apporter des garanties fermes sur la prise en compte de ces missions dans les tableaux d’avancement et les promotions de corps.
- Instauration d'un « droit de remords » : L’UNSA a formellement demandé qu’un accompagnement individualisé et une clause de réexamen soient garantis à chaque agent qui estimerait, après prise de fonctions, que les conditions effectives d'exercice ne correspondent pas au cadre initialement présenté.
2. Formations statutaires (Catégorie B) : sécuriser les parcours et soulager les collectifs
Si l’UNSA salue l’investissement sans faille des équipes pédagogiques et les excellents taux de réussite (CTT, TSPDD, SACDD), ainsi que l'avancement du plan de requalification des personnels d'exploitation, nous avons pointé avec précision les difficultés du quotidien :
- Contrôleurs des Transports Terrestres (CTT) : Si la rémunération des tuteurs est une avancée actée que nous saluons, l'UNSA restera intransigeante sur la réforme de la formation prévue pour 2027 : elle doit préserver l’ancrage opérationnel du contrôle. Surtout, la réflexion engagée sur le corps des CTT doit impérativement aboutir à des perspectives concrètes de revalorisation de carrière et de régime indemnitaire.
- Prépa Talents « Transition Écologique » : Le paradoxe d'une promotion qui réussit brillamment son Diplôme Universitaire mais compte zéro admis au concours TSPDD (malgré 3 admissibilités) n'est pas acceptable pour les candidats investis. L'UNSA a demandé un soutien méthodologique renforcé dès cette année pour les épreuves orales.
- Prise de poste des TSPDD et SACDD : Nous avons dénoncé le décalage préjudiciable entre l'arrivée des agents en service et leur accès effectif aux formations informatiques et réglementaires indispensables (Chorus, QGIS, marchés publics, urbanisme). L'administration doit permettre aux nouveaux arrivants d'être formés sans délai.
- Reconnaissance du mentorat : Le dévouement des mentors en service est la clé de voûte de l'intégration des stagiaires, mais pèse trop lourdement sur leur charge de travail. L’UNSA revendique un aménagement réel de leur temps de travail et une juste valorisation de leur rôle.
3. Métiers du contrôle et de l’inspection : une équité de traitement indispensable
Concernant la démarche inter-DG (DGPR, DGEC, DGAMPA, DGITM, DGALN), l’UNSA approuve les initiatives de co-développement et les modules partagés sur la gestion des conflits.
Cependant, nous avons rappelé à la DRH que l'attractivité et la fidélisation de ces filières indispensables ne progresseront que si l'administration règle concrètement le sentiment d’inégalité de traitement constaté sur le terrain et lève les freins statutaires aux mobilités entre services.
La défense des personnels : notre constante priorité
Pour l’UNSA, la modernisation du CMVRH et la refonte des dispositifs de formation ne doivent en aucun cas être synonymes de précarisation des missions ou de surcharge pour les agents.
Dans la perspective des échéances du 1er janvier 2027, l’UNSA sera particulièrement vigilante pour la défense des agents, afin de préserver la santé au travail, reconnaître les compétences et sécuriser les parcours professionnels.